Dans un contexte de transition énergétique et de lutte contre le changement climatique, les territoires insulaires comme La Réunion font face à une double contrainte : une forte dépendance aux énergies fossiles importées et une vulnérabilité accrue aux impacts environnementaux. La décarbonation du secteur des transports, particulièrement émetteur de gaz à effet de serre, constitue ainsi un enjeu stratégique majeur pour atteindre les objectifs climatiques et renforcer l’autonomie énergétique du territoire.
Parmi les solutions envisagées, le développement de carburants alternatifs renouvelables, tels que le biohydrogène et le biométhane, offre des perspectives prometteuses. La valorisation des déchets organiques locaux (déchets verts, effluents agricoles, coproduits agro-industriels) apparaît comme un levier pertinent pour produire de l’énergie tout en s’inscrivant dans une logique d’économie circulaire. Toutefois, plusieurs verrous scientifiques, technologiques et économiques limitent encore le déploiement de ces filières à l’échelle locale, notamment la variabilité des ressources, les faibles rendements biologiques et l’absence de structuration d’une filière hydrogène.
Le projet H2RUN – Production de biohydrogène à partir de déchets verts pour la filière transport à La Réunion – s’inscrit dans cette dynamique. Il vise à explorer et optimiser des procédés innovants de production de biohydrogène et de biométhane à partir de ressources locales, en combinant fermentation sombre, digestion anaérobie et approches hybrides couplées à l’électrolyse de l’eau. Le projet mobilise une approche interdisciplinaire à l’interface du génie biologique, des sciences de l’environnement et de l’économie de l’énergie.
Financé dans le cadre du programme FEDER 2021-2027 (Climat Énergie), le projet H2RUN dispose d’un budget de 799 743,68 €, cofinancé par l’Union européenne (85 %) et la Région Réunion (15 %). Il est porté par les unités de recherche ENERGY-Lab et PIMENT, en partenariat avec le Laboratoire de recherche CHEMBIOPRO (UR), l’unité de recherche BioWooEB (CIRAD) et l’IHE Delft Institute for Water Education (Pays-Bas).
Ce projet contribue ainsi à la structuration d’une filière locale de carburants alternatifs, en réponse aux enjeux énergétiques, environnementaux et territoriaux propres à La Réunion.
Le projet H2RUN vise à développer une chaîne de valeur complète pour la production de carburants alternatifs à partir de déchets organiques, en s’appuyant sur plusieurs objectifs spécifiques :
1. Caractérisation des ressources locales
Identifier et quantifier les gisements de déchets organiques mobilisables sur le territoire, et évaluer leur potentiel de production en hydrogène et en méthane.
2. Développement et optimisation des procédés biologiques
Mettre en œuvre et améliorer des procédés de fermentation sombre pour la production d’hydrogène, couplés à la digestion anaérobie pour la production de méthane, tout en optimisant les rendements via des prétraitements et l’utilisation de biochar.
3. Changement d’échelle et intégration des procédés
Étudier le passage du laboratoire à des systèmes à plus grande échelle, ainsi que le couplage avec des technologies complémentaires comme l’électrolyse de l’eau.
4. Évaluation de la faisabilité et des usages
Analyser la viabilité technico-économique et environnementale d’une filière locale, en particulier pour des applications dans la mobilité lourde (transport de passagers et de marchandises).
Le projet H2RUN vise à produire des résultats concrets et directement mobilisables à l’échelle territoriale.
Les principaux résultats attendus sont :
Une meilleure connaissance des ressources locales : caractérisation des gisements de déchets organiques et de leur potentiel énergétique, permettant d’orienter les stratégies de valorisation.
Des avancées technologiques : optimisation des procédés de production de biohydrogène et de biométhane, amélioration des rendements et expérimentation de solutions hybrides innovantes.
Une évaluation de scénarios énergétiques territorialisés : analyse des conditions de déploiement d’une filière de carburants alternatifs à La Réunion, intégrant les contraintes techniques, économiques et logistiques propres au territoire.
Des retombées scientifiques : production d’articles scientifiques, participation à des conférences et renforcement du positionnement des laboratoires impliqués dans le domaine des bioénergies.
Un impact environnemental et socio-économique : contribution à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, valorisation des déchets locaux et soutien à l’émergence d’une économie circulaire énergétique.
Grâce à ces résultats, le projet H2RUN participe à la construction d’un modèle énergétique plus durable, adapté aux spécificités insulaires, et à la structuration d’une filière hydrogène à La Réunion.
Partenaires financiers
Le projet est financé par l’Union européenne via le FEDER et cofinancé par la Région Réunion, dans le cadre du programme 2021-2027 dédié à l’excellence en recherche et innovation dans le domaine Climat Énergie.
Partenaires académiques
Le projet repose sur une collaboration entre acteurs académiques :