Les Projets
Présentation
Notre siècle est marqué par une course contre la montre pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C au-dessus des niveaux préindustriels, comme convenu dans l’Accord de Paris par 192 Parties en décembre 2015. Dans ce contexte, la structuration de filières régionales d’hydrogène vert constitue un enjeu stratégique majeur, tout particulièrement dans les territoires insulaires du Sud-Ouest de l’océan Indien (SOOI), dont les ressources renouvelables abondantes mais intermittentes offrent un potentiel considérable, encore largement sous-exploité.
L’évaluation fine de ce potentiel se heurte cependant à un verrou central : l’accessibilité effective des données climatiques et énergétiques nécessaires à la caractérisation des ressources renouvelables. Ces données, lorsqu’elles existent, sont dispersées entre institutions, produites selon des standards hétérogènes et stockées dans des formats disparates, ce qui complique leur découverte, leur compréhension et leur réutilisation. Les territoires insulaires concernés souffrent en outre de lacunes d’observation et de séries temporelles incomplètes, qui limitent la fiabilité des analyses. À cela s’ajoutent les défis scientifiques de la descente d’échelle climatique : contraintes de calcul, stochasticité des modèles d’apprentissage profond, capacité de généralisation hors période d’apprentissage, et préservation de la cohérence physique des champs reconstruits à haute résolution.
Pour lever ces verrous, une approche combinant ingénierie des données, modélisation climatique et apprentissage automatique est aujourd’hui mobilisée. Des architectures de réseaux de neurones de type U-Net, couplées à des pipelines d’ingestion, de normalisation et de diffusion via des services interopérables (OPeNDAP, THREDDS), permettent de transformer un ensemble fragmenté de ressources en un écosystème cohérent, documenté et facilement exploitable. Ces approches ouvrent la voie à une évaluation fiable du potentiel de production d’hydrogène vert et à la construction de scénarios de décarbonation adaptés aux réalités territoriales.
Le projet LIGHTEN-IO — Leadership Initiative for Green Hydrogen Transition Energy Network in the Indian Ocean —, porté scientifiquement par la Prof. Béatrice Morel, s’inscrit dans cette dynamique. Il vise à structurer un réseau régional d’acteurs autour de l’hydrogène vert dans la zone SOOI, à générer des données climatiques et énergétiques régionalisées de référence, à évaluer le potentiel de production d’hydrogène vert à l’échelle des territoires ciblés, et à construire des scénarios de décarbonation sectoriels. Le projet mobilise un consortium international associant l’Université des Mascareignes, l’University of Mauritius, l’IST-T d’Antananarivo, l’University of Nairobi, l’Université des Comores, le Forschungszentrum Jülich, Météo-France et la Seychelles Meteorological Authority.
Le projet LIGHTEN-IO est financé à hauteur de 598 939,78 € dans le cadre du programme INTERREG VI Océan Indien 2021-2027 (Fiche Action 1.3), avec une contribution du FEDER de 509 098,80 € (85 %) et une contrepartie de la Région Réunion de 89 840,98 € (15 %). L’Europe s’engage à La Réunion avec les fonds FEDER.
Ce projet renforce les compétences locales à l’interface des sciences du climat, de l’énergie et des données, et contribue à la structuration d’une filière hydrogène vert régionale au service de la transition énergétique et de la résilience des territoires insulaires du Sud-Ouest de l’océan Indien.
